Rouvrir les voies au progrès pacifique

En ce 25 septembre où tous les espoirs avec la venue du Pâpe en France pour nous parler de Paix, se heurtent à la pensée béligérente européenne ou devrait-on dire otano-britannique et américaine, il n'est pas mieux que Jaurès pour nous réveiller le cerveau.  











En effet, un parallèle saisissant peut être tracé entre son éditorial « Ce qui est sûr » (paru juste après le congrès anti-guerre de Bâle, en 1912) et la situation géopolitique européenne actuelle.

Et si le contexte d'alors impliquait des empires coloniaux aujourd'hui disparus, les mécanismes de crise, les angoisses collectives et les impasses diplomatiques eux, résonnent fortement avec notre actualité.

Comme en 1912, les canaux diplomatiques se figent et la rhétorique militaire s'impose comme unique solution, alors l'Histoire peut basculer par accident.



CE QUI EST SÛR

Ecoutez ce que disent les chefs de gouvernement, notamment ce que disait naguère M. Poincaré, aux applaudissements de l'Europe : «  Une guerre qui éclaterait aujourd'hui, et pour cette querelle, serait un défis au bon sens, à l'humanité, à la civilisation ; »

Ecoutez ce que disent quotidiennement la plupart des journaux, quand ils veulent rassurer un peu les esprits énervés par une tension prolongée, par les rumeurs d'alarme : « Il est impossible que le différend austro-serbe aboutisse à une conflagration universelle. Toutes les puissances sont résolues à maintenir la paix. Elles savent que déclarer la guerre maintenant et pour ces motifs serait une folie et un crime. »

Oui, ce serait de l'aveu de tous une folie et un crime. Comment donc se fait-il que la crainte subsiste ? Comment se fait-il que l'Autriche convoque une partie de ses réservistes, que la Russie tâte ses armes, que tous les deux jours des dépêches inquiétantes laissent pressentir un terrible lendemain ?

Pour moi, je ne connais pas de plus effroyable condamnation du régime où se débat l'Europe. Ce qu'on regarde unanimement comme criminel et fou, on est pas bien sûr au fond que cela ne sera pas. Le cauchemar qui bouleverse la conscience et torture la raison, on est pas bien sûr qu'il ne sera pas tout à l'heure une réalité. Quelle est donc la force intérieure de désordre, de sauvagerie, de déraison et de crime qui mène aujourd'hui les choses et les hommes, pour qu'on ne se sente pas à l'abri du plus monstrueux péril ?

Et voilà pourquoi les travailleurs de tous les pays se rapprochent avec une sorte d'angoisse pour chercher ensemble le moyen de conjurer la sinistre menace. Voila pourquoi dans toutes les délibérations, dans toutes les paroles, dans toutes les pensées de l'Internationale convoquée à Bâle, il y avait une émotion poignante et une sorte de gravité tragique.

Ah ! Oui, comme le disait Bebel*, ces journée resteront inoubliables pour tous. Et ce n'est pas seulement à cause du décor saisissant où elles se sont développées. Grâce aux habitudes de liberté du peuple suisse, grâce à l'esprit de démocratie qui pénètre toutes ses institutions, bien des choses ont pu se manifester là, qui ailleurs sont à demi-voilées.

On y a vu clairement que pour tous ceux qui ont le souci de la paix et de la civilisation humaine, l'Internationale du prolétariat socialiste était une grande force morale, le suprême recours et la suprême espérance. Si le gouvernement du canton de Bâle, composé de socialistes, de radicaux et de conservateurs, a décidé à l'unanimité d'envoyer une adresse de sympathie au Congrès, ce n'est point une banale courtoisie ; c'est parce que tous ces hommes ont le sentiment profond que le socialisme international fait à cette heure une œuvre vraiment humaine et que l'universelle solidarité des travailleurs est la force qui s'oppose le plus efficacement au délire des hommes et des choses.

De même, si le conseil de fabrique de la cathédrale de Bâle a passé outre aux hésitations première du pasteur et mis à disposition des socialistes l'église illustre, où tant de foules humaines ont passé, où tant de peuples et de princes ont crié leur détresse ou leur orgueil, si ces chrétiens ont permis que les rouges drapeaux révolutionnaires pénètrent jusque dans le choeur et du haut de la chaire retentissent les appels du socialisme, c'est parce qu'ils ont reconnu la noblesse morale de l'effort de paix et de justice que fait l'Internationale. Ils ont voulu avertir les millions de chrétiens qui se laisse aller à la dérive des pensées de violence et de meurtre qu'ils devaient se reprendre et coopérer avec tous les hommes de bonne volonté à l'oeuvre de civilisation et de paix. Et certes il y a en tout cela quelque chose qui émeut l'imagination comme la conscience.

Mais ce qui était vraiment poignant, c'est que tous les hommes qui étaient là, réunis en ce Congrès, se disaient profondément : Mais, quoi ! Si demain, après-demain, malgré tous nos efforts, la guerre éclatait, si le conflit criminel et insensé mettaient aux prises les peuples dont nous sommes, les travailleurs de tous pays qui nous ont envoyés ici, que ferons-nous ?

Et en vérité il n'est pas possible de donner une réponse d'une certitude mécanique à cette question formidable. Il n'est pas possible de dire d'avance : C'est par tel acte déterminé que dans l'heure trouble de la tempête les prolétaires feront sentir leur force. Mais ce qui est certain, ce qui se dégageait avec une puissance et une évidence irrésistibles de toutes les paroles, de toutes les pensées, de toutes les consciences, c'est que les travailleurs sont résolus à lutter de toute leur énergie, de tout leur désespoir, contre l'horreur du crime.

C'est que les gouvernements de l'Europe, quels qu'ils soient, ne pourraient pas déchaîner impunément la catastrophe. C'est que la guerre créerait partout, au fond de tous les intérêts, au fond de tous les cœurs, au fond de toutes les consciences, une situation révolutionnaire ; c'est que des millions d'hommes en armes, condamnés à se détruire réciproquement pour une querelle insensée, finiraient bien par tourner leur force, d'un bout à l'autre de l'Europe, contre un régime européen de folie et de meurtre. C'est que dans l'horreur des massacres, de la famine, de la peste, le cri de détresse et d'appel finirait bien par monter de partout vers la République sociale, vers la République libératrice, qui assurerait l'union des peuples, la fraternité dans le travail.

Que les gouvernements sachent bien que les paroles du Congrès de Bâle ne sont pas de vaines menaces, qu'elles sont l'expression anticipée du jugement historique, de la sentence révolutionnaire qui châtieraient la formidable aberration.

Mais il est permis d'espérer que nous échapperons à cette crise et que nous préviendrons la guerre, si tous nous utilisons, par une propagande de paix, par une affirmation vigoureuse de paix, les jours de délai qui nous sont laissés par le destin.

Que partout les travailleurs, les socialistes, les démocrates commentent et expliquent les déclaration du Congrès de Bâle. Que partout, dans les réunions multipliées, la classe ouvrière affirme, avec une force croissante, sa volonté de paix. Elle parviendra sans doute à dissiper le cauchemar et à ouvrir les voies au progrès pacifique et régulier de la race humaine.


(La dépêche de Toulouse, 30 novembre 1912)

Source : Oeuvre de Jaurès, Pour la Paix, 
la première guerre balkanique
Edition Rieder





Sénatoriales 2026 : Les 130 Glorieuses sont possibles

Déclaration de candidature                                         Circulaire/Profession de foi



Chers élus du Tarn-et-Garonne bonjour,

Je suis Jean-François Grilhault des Fontaines, j’ai 63 ans et j'habite la commune de Verlhac Tescou où je suis installé comme intégrateur réseaux et Telecom. Depuis 2010, j'ai été candidat à pratiquement toutes les élections - municipales, départementales, législatives et même sénatoriales - afin d’y amener à chaque fois un débat d'idées. 

De la stricte séparation des activités des banques au projet « Aérotrain », en passant par la renationalisation de la Banque de France et l'essor du nucléaire civil, avec mes colistiers nous avons tenté d'apporter l'idée que le développement est gage de paix, tout d’abord sur notre territoire et au-delà de nos frontières par la collaboration plutôt que l’ingérence. C’est dans cette optique que durant toutes ces années, je me suis engagé auprès du parti politique Solidarité et Progrès et de Jacques Cheminade. 

Déjà lors des sénatoriales de 2020, j’avais mis l’accent sur la question de la dette, à laquelle ni mes concurrents de l’époque ni ceux d’aujourd’hui n’ont apporté ni n’apporteront de solution. Chacun d'eux est dans la continuité de ce que l'on subit au quotidien : le saccage économique et social, la banqueroute, la guerre de tous contre tous. Quelle perte de temps !

Aujourd’hui comme en 2020, j’appelle à une rupture avec l’UE, l’OTAN et la BCE, qui ne nous protègent en rien. De véritables guerres sont en cours chez nous : pillage des biens publics, dépeçage du tissu industriel, broyage de notre agriculture par des puissances financières la plupart du temps hors sol. Notre demeure brûle, dans un système qui a lui-même allumé et entretenu le feu. Un système qui brise, dévalue, emprisonne et ravage tout sur son passage - c'est-à-dire l’avenir de nos enfants.

C'est pourquoi pour cette élection, je souhaite être de nouveau cette voix dissonante qui, au-delà des sujets sociétaux, met les sujets de fond sur la table afin de résoudre les problèmes qui impactent d'autant l'ensemble de nos territoires du Tarn-et-Garonne.

Alors je vous propose un sursaut. Un sursaut de Solidarité et de Progrès. Oui, je le crois, les 130 Glorieuses sont possibles mais c'est maintenant qu'il faut commencer à les bâtir. 

Nos vies sont frappées de plein fouet par l'incompétence de ceux qui nous ont imposé ce système défaillant. Nous subissons la dette qu'ils ont accumulée, la faillite qu'ils organisent et les guerres qu'ils attisent. La menace d'insolvabilité du pays est chaque jour plus claire. Pour seule réponse, ils nous prescrivent encore plus d'austérité... Rogner sur le modèle de solidarité hérité d'Ambroise Croizat et de Pierre Laroque est leur seule boussole. A gauche, à droite comme au centre, ils sont devenus de véritables malthusiens. 

Les candidats au lac de Tordre à St Etienne de Tulmont

Je crois en la démocratie locale qui est, à mon sens, la racine même de notre démocratie nationale. Être un élu local, c’est être ancré dans la réalité du territoire et du quotidien des citoyens. En effet, si le sommet de l’État s’inspirait du dévouement dont vous faites preuve auprès de vos citoyens et de votre collectivité, la France se porterait bien mieux. C'est vous, désormais, qui êtes pompiers, ambulanciers, réparateurs et bâtisseurs, et qui deviendrez les garants d'une institution saine, ambitieuse et soucieuse des deniers publics.

Le sursaut, c'est vous, élus, hommes et femmes qui venez d'arriver, choisis par des citoyens qui vous ont pressentis aptes à relever le défi. Le défi de redonner confiance en l'avenir, celui de réparer, reconstruire et refonder l'entièreté de notre système économique et social pour parfaire les Jours Heureux, dont les clés nous ont été remises à l'après-guerre et qui doivent désormais redevenir notre objectif commun.

C'est pour ce sursaut qu'il est urgent qu'une voix dissonante puisse enfin se faire entendre au sein d’une institution comme le Sénat.

Personne ne vous dira que les 3 500 milliards de dette du pays proviennent de l'article 123 du traité de Lisbonne qui interdit aux États l'accès au crédit productif public que pourrait émettre une Banque de France revenue dans sa fonction régalienne de soutien à l'investissement à court, moyen et long terme pour le développement des territoires. Je le dirai.

Personne ne vous dira que nos banques sont tellement faillibles qu'après les crises grecque et chypriote, au lieu de Liberté, Égalité et Fraternité, ce sont les chaînes du bail-in que l'UE a plaquées au fronton de nos mairies comme garantie aux marchés financiers. Cette directive prévoit, en cas de besoin, de puiser dans les dépôts bancaires des particuliers, des entreprises et des collectivités tout montant au-dessus de 100 000 €. Je le dirai.

Personne ne vous dira que pour faire face à tout cela, il est urgent de revenir à la protection de ces dépôts et des établissements qui les gèrent - c'est-à-dire à la protection des biens, des revenus et des emplois de tous - en imposant une stricte séparation des activités des banques. Séparer l'activité de spéculation de l'activité de dépôt, c’était l’objet de la loi 45-015 du 2 décembre 1945, abrogée en 1984. Je le dirai. 

Personne ne vous dira que pour revenir à une situation saine, tant pour la vie des citoyens que pour nos collectivités, il est impératif d'organiser une enquête sur la dette avec pouvoir d'instruction et de réquisition. Plus qu'un simple audit, nous devons savoir qui détient la dette du pays, ce qui nous endette et à quelle fin. Objectif : faire le tri, remédier aux abus et anticiper pour que cela ne recommence pas. Je le dirai.

Personne ne vous dira que pour que vos projets locaux, ceux du département du Tarn-et-Garonne et ceux du pays puissent se réaliser et garantir un avenir à nos enfants, il est nécessaire de revenir à l'émission d'un crédit productif public par la Banque de France. Celui-ci devra être orienté par une planification indicative que des élus comme vous, de concert avec des citoyens, doivent organiser et gérer. Je le dirai. 

Vous l'avez compris, je souhaite être cette voix dissonante qui, au-delà des débats sociétaux, met les sujets de fond sur la table. Ne pas laisser la finance dicter sa loi est une chose ; faire en sorte que l'argent serve la population en est une autre.

C'est pour cela que Fatima Bekhedda, formatrice en CFA Agricole et éducatrice spécialisée, m'a rejoint comme colistière pour cette campagne dans le Tarn-et-Garonne, et je l'en remercie. C'est pour cela que, depuis 2010, j'ai participé à pratiquement toutes les élections sans dévier du cap fixé dès 1995 par Jacques Cheminade. Un franc soutien, un juste propos : être résolu à ne plus servir l'oligarchie et se libérer de l'occupation culturelle et financière, afin de construire un avenir de paix par le développement.

Wikipedia Sénatoriales 2026 Tarn et Garonne
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Ainsi, entrer dans le IIIᵉ Millénaire avec les meilleurs atouts pour tous, et en particulier pour nos enfants, passe non seulement par l'éducation, mais aussi par l'excellence de leur formation, de leur culture, de leur savoir-faire, savoir-dire et savoir-penser.

Construire cette richesse de demain, c'est l'objectif et la raison de notre slogan de campagne : « Réindustrialiser la France, pour nos enfants ».

Alors, faites que le Tarn-et-Garonne rural, industriel, inventif et chaleureux puisse devenir le dénominateur commun du pays. Faites que ma voix puisse mettre l'accent sur le fond des problèmes et agir pour les résoudre, afin de garantir un avenir plus serein pour tous.

La première étape, urgente, c'est de s'accorder pour reprendre la main sur la création monétaire - la « planche à billets » - afin de réorienter l'argent créé par une banque nationale sous contrôle citoyen vers des investissements utiles à l'amélioration de la vie de tous.

Voilà pourquoi Fatima et moi faisons appel à votre soutien. Pour que vivent nos territoires, pour que se bâtisse le monde de demain dans une juste paix pour tous. 

Merci. 


Et cette question d'une Banque Nationale qui revient...




Sortir de l'oeil du cyclone

Ils traînent cette dette comme un boulet depuis des années, un fardeau qu'ils n'ont cessé d'alourdir au fil de leurs combines. Leur parcours prouve pourtant qu'ils ne manquent pas de compétences, ce qui les rend pleinement responsables.

Et si ces exécutants se rémunèrent sur la bête, leurs commanditaires, eux, la dévorent. Le système est si bien rodé que plus la dette s'accroît et plus le pays s'épuise, plus ils festoient.

Ce système, c'est le monétarisme anglo-américain. Les donneurs d'ordre siègent à la City et à Wall Street, tandis que leurs relais s'affichent à nos côtés - politiques, banquiers, conseillers ou experts.

Un microcosme que certains à l'étranger qualifient sans détour de « classe Epstein », résumant à lui seul ce poison fait de tripotages, de mainmises et de décadence.

En effet, nul ne peut dire aujourd'hui qu'il ne savait pas. En 2027, cela fera exactement quarante ans que le propos nous a été apporté depuis « la terre des hommes intègres* » par le capitaine Thomas Sankara. 

   Cliquez sur l'image pour écouter le discours

Addis Abéba, sommet de l'OUA le 29 juillet 1987 : « [..] La dette ne peut pas être remboursée parce que d'abord, si nous ne payons pas, les bailleurs de fonds ne mourront pas, soyons en sûrs. Par contre si nous payons, c'est nous qui allons mourir, soyons en sûrs également. Ceux qui nous ont amené, ceux qui nous ont conduit à l'endettement, on joué comme dans un casino, quand qu'ils gagnaient il n'y avait point de débat, maintenant qu'ils ont perdu au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise, Non Monsieur le Président, ils ont joué, ils ont perdu, c'est la règle du jeu. La vie continue. » (applaudissements)

      Version écrite ici > discours sur la dette


Le 15 octobre 1987, tout juste deux mois après son discours au sommet de l'OUA à Addis-Abéba, le président du Burkina Faso sera tué lors d'un coup d'État dans lequel 12 de ses compagnons trouveront également la mort.

Cependant, gardons en mémoire, outre la grande lucidité du jeune capitaine et sa foi en un avenir meilleur, son optimisme bienveillant :
« Alors chers frères, avec le soutien de tous, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ces immenses potentialités pour développer l'Afrique parce que notre sol, notre sous-sol sont riches, nous avons suffisamment de bras et nous avons un marché immense très vaste du nord au sud de l'est à l'ouest, nous avons suffisamment de capacités intellectuelles pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pourrons les trouver. »

C'est sans doute ce qui a animé les trois pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — quand, à partir de 2023, soit 40 ans plus tard, ils ont décidé de reprendre leur destin en main en se défaisant de leurs liens avec l'Occident, dont la France. Devenir indépendants face à la prédation financière et à l'économie de rente, tel est de nouveau leur défi.

À croire que ce qui a été perdu d'un côté est regagné de l'autre, car de ce côté-ci de la Méditerranée, voici la réalité : 


Debita, debere es

À notre tour de devoir relever ce même défi, puisqu'aujourd'hui en France, avec 3 500 milliards d'euros de dette publique et 4 500 milliards de dette privée pour un PIB d'à peine 3 000 milliards, le constat est édifiant : c'est l'inflation, la hausse des taux, la banqueroute, la guerre de tous contre tous.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

La réponse tient à l'article 123 du traité de Lisbonne (ex-article 104 du traité de Maastricht) et se résume en quatre mécaniques de destruction : l'abandon de la séparation des activités bancaires, la dérégulation des mouvements de capitaux, l'optimisation fiscale et l'évasion fiscales.

Face à ce désastre, la classe politique détourne le regard. À gauche, on se résigne à l'effondrement : « tout merde normalement » ; à droite, on somme le peuple de s'en remettre aux « experts » ; au centre, on assure que la situation est sous contrôle. En vérité, tous communient dans la même orthodoxie du capitalisme financier : adorateurs de la main invisible pour les uns, apôtres de la destruction créatrice pour les autres. 

« Quoi qu'il en coûte, la dette sera honorée, le principal comme les intérêts ! », jurent-ils l'air affable et l'appétit cannibale.

Mais puisque les caisses sont vides, c'est sur nous qu'ils prélèveront. En guise d'intérêts, ils exigeront la liquidation de ce qui nous reste : notre école, notre système de santé, notre intimité, nos liens sociaux et iront jusqu'à marchandiser nos propres corps. Et pour solder le principal, les voilà prêts au sacrifice ultime : la guerre.

Guerre de la faim, de territoires, de religion,
Guerre aux gilets jaunes, aux agriculteurs, aux immigrés,
Guerre du pétrole, des matières premières, du climat,
Guerre à la Russie, guerre à l'Iran, guerre à la Chine.

Que ne feraient-ils pas pour cacher leur faillite ?

En effet, nous voilà accoquinés à un triptyque de belligérants — UK-UE-USA — qui recrutent, forment et se réarment, et c'est à qui proposera la meilleure formule magique pour nuire le plus possible. Voyez plutôt : Force expéditionnaire conjointe (JEF), coalition des volontaires, Facilité européenne pour la paix, OTAN, manœuvres militaires, sanctions, gel d'avoirs, etc. 

Sans compter que les États-Unis cachent 40 000 milliards de dollars de dette derrière l'exploitation d'environ 800 sites et bases militaires à l'étranger, répartis dans plus de 80 pays et territoires. 


La dette, quelle dette ? Ce n'est pas la nôtre, c'est la leur ! 

Maintenant que l'on connaît le sort que nous réservent nos piètres dirigeants face à des créanciers avides de liquidités, quel moyen nous reste-t-il pour briser le cycle infernal d'une dette attachée à ses guerres permanentes ?

À l'heure de tous les dangers — militaires, économiques, climatiques —, comment rappeler à l'ordre ces « possédants possédés par ce qu'ils possèdent » ?

Faire comprendre qu'une troisième voie est possible, que la répudiation des dettes vaut mieux que l'effacement du monde dans un conflit nucléaire. Et pour ce rappel à l'ordre, qui mieux que le général de Gaulle nous invitant à la « détente, l'entente et la coopération » ?

Prononcé le 1ᵉʳ septembre 1966 — il y a donc 60 ans — devant 200 000 personnes, le discours de Phnom Penh est un chef-d'œuvre de diplomatie.

En défendant le non-alignement et l'indépendance de la France, de Gaulle y critique l'interventionnisme américain au Vietnam tout en saluant les valeurs démocratiques des États-Unis.

Perçus à l'époque comme une trahison par Washington, ses avertissements visionnaires se sont avérés justes, ouvrant la voie aux négociations engagées à Paris dès 1968. Aujourd'hui, la portée de ce discours reste d'une actualité frappante. 

Cliquez sur l'image pour écouter le discours


Le Général de Gaulle prononce devant plus de 200 000 personnes le "Discours de Phnom-Penh"


Alors sortir de la torpeur générée en continu par une succession d'évènements dramatiques, sociétaux ou géopolitiques, voila la mission. Des frayeurs qui nous figent dans l'immobilisme du calme avant la tempête ? Certes, mais en gardant le cap de la paix par le développement, l'avenir est bien plus prometeur.

Relevons le défi dans lequel l'AES s'est lancée : les 130 Glorieuses sont possibles là-bas comme ici ! 


[A noter : Sankara et de Gaulle font un discours sans ... prompteur ni document. La classe !]