Législative partielle 2025
Tarn et Garonne - circonscription 1
Email de réponse apportée aux questions du FNE 82
Montauban le 22 septembre 2025
Madame, Monsieur,
Veuillez trouver ci-dessous la réponse à votre courrier du 17 septembre qui interpelle les candidats du Tarn et Garonne à la partielle d'octobre, sur l'urgence écologique. Merci au FNE82 pour ces questions et pour la publication des réponses apportées ci-après :
Vous demandez comment « veiller à ce que les politiques nationales prennent mieux en compte les enjeux de justice sociale et environnementale afin de réduire les inégalités territoriales ». Il y a deux manières d’organiser une société. Soit des intérêts privés décident des taux d’intérêts qui donnent la valeur à la monnaie. Ce qui sera financé avec cette monnaie importe peu : seule la rentabilité financière compte, et ce sera forcément à très court terme. Deuxième possibilité : des projets d’infrastructure pour le pays, propices à la péréquation territoriale, sont décidés à échéance 5-10 ou 20 ans. En fonction de ces projets, des lignes de crédit sont ouvertes pour le financement ; un circuit bancaire y est dédié exclusivement – sans aucune spéculation financière ; des emplois hautement qualifiés seront nécessaires, nécessitant des hausses de salaires et un impôt qui finance le modèle social. C’est ce qui fut instauré en France le 2 décembre 1945.
Au premier modèle correspond une Culture du court-terme, de l’argent rapide. Pour ne citer qu’une de vos questions : concilier développement du territoire, limitation de l’artificialisation des sols et mobilité durable est quasi impossible au sein d’un système qui interdit la pensée longue, le financement de long-terme d’infrastructures. Celui-ci serait nécessaire pour repenser totalement les transports en communs modernes, propres et fiables tels que l’aérotrain ou le maglev à l’échelle nationale voire européenne.
Le second modèle fut le notre de 1945 à 1971. Le 2 décembre 1945, la loi 45-15 1) instaura la séparation entre spéculation financière et financement de la vie de la nation 2) une véritable Banque Nationale émettant le fameux 3) crédit productif public à faible taux d’intérêt pour le financement à long, voire très long-terme de la vie du pays et circulant dans des banques exclusivement dédiées à cet usage. Le 15 août 1971 vit la fin de la convertibilité entre le dollar et l’or : la monnaie devenait pur instrument de spéculation.
Quelle est votre position sur les grands projets locaux (LGV, Boulevard Urbain de Montauban, nouvel hôpital) ? Comment entendez-vous concilier développement du territoire, limitation de l’artificialisation des sols et mobilité durable ? Quelle est votre position par rapport à la loi ZAN et ses objectifs d’ici 2050 ? Vos questions relèvent d’un effort louable – parfois dogmatique - de rendre humain un « modèle économique » qui mène à la guerre de tous contre tous : selon la Loi de Programmation des Finances Publiques, la charge de notre dette pourrait dépasser 100 milliards d’euros par an. Comment voulez-vous développer quoi que ce soit d’intelligent, de responsable, quand le premier budget de l’Etat ne consiste même pas à rembourser le capital de la dette, mais ses seuls intérêts composés ?
Vous souhaitez « un programme concret pour encourager la sobriété énergétique » ? Encourager la sobriété énergétique quand certains n’ont même pas de quoi allumer le chauffage en hiver ? C’est une réflexion de bourgeois-bohême qui prend le problème à l’envers. Un peu comme le mouvement du 10 septembre qui décrète « Bloquons tout ! », alors que tout est déjà bloqué et qu’il faudrait plutôt débloquer notre camisole financière et bancaire.
Enfin, votre question « Reconnaissez-vous que le réchauffement climatique est lié aux activités humaines ? » Connaissez-vous Margaret Mead ? Il s’agit de l’anthropologue américaine qui, en 1975, au cours d’une conférence présidée par elle en Caroline du Nord et organisée au Research Triangle Park par l’American Association for the Advancement of Sciences (AAAS), a encouragé des scientifiques à choisir le « thème » du réchauffement climatique pour imposer une réduction de la population mondiale.
Objectif : créer artificiellement une peur suffisamment grande dans la population pour contraindre l’arrêt des activités industrielles et stopper le développement de ce qu’on appelait le Tiers-Monde. A cette conférence, parmi les plus connus, étaient présents Stephen Schneider (ancien du GIEC) ou John Holdren (président en 2007 de l’AAAS et à l’époque principal conseiller scientifique de Barack Obama). Ces experts étaient proches de Paul Ehrlich, lui-même influencé par Thomas Robert Malthus, un employé de la Compagnie britannique des Indes Orientales, plus connue sous le nom d’Empire britannique, mué en City de Londres ; celui auquel appartient aujourd’hui la totalité des paradis fiscaux. La finance spéculative rêve d’un monde où ne (sur)vivent que 1 à 2 milliards d’êtres humains maximum. Comment faire avaler la pilule à 7 ou 8 milliards d’êtres humains ? C’est leur grande question.
Thomas Malthus fut désavoué de son vivant, par le développement des engrais et de l’agriculture scientifique, avec l’application d’avancées en mécanique, en chimie et en biochimie. Contrairement aux animaux, l’Homme peut faire des découvertes universelles de principes physiques nouveaux qui « changent » la donne. Au contraire, lors de sa conférence, voici ce que Margaret Mead affirmait : « Nous attendons des scientifiques des estimations présentées avec suffisamment de prudence et de crédibilité mais en même temps avec le moins de polémique possible, pour que les politiques puissent les exploiter, et que nous lancions la construction d’un système d’alertes, artificielles mais efficaces, semblables à l’instinct des animaux qui fuient avant la tempête, constituent des réserves de graines avant l’arrivée d’un hiver rigoureux, ou des chenilles qui, à l’approche d’un changement de climat épaississent leur carapace [sic]. »
Depuis Platon et Aristote, deux visions de l’Homme coexistent : pour le premier l’Homme peut découvrir et appliquer les lois de l’univers pour augmenter le potentiel de densité démographique relatif. Pour Aristote, l’Homme n’a que ses cinq sens et, tel un animal, doit s’adapter – surtout sans se poser de questions - pour vivre. La recherche permanente du Beau, du Vrai et du Bien chez le premier. La certitude des ressources absolument limitées et du « no future » chez le second. Concrètement, alors qu’en France il ne se passe pas un jour sans qu’il soit question d’austérité et de guerres, début septembre, les bienfaits découlant de projets multinationaux tels que la construction d’infrastructures facilitant la connectivité, dont le Corridor de transport Nord-Sud et le Corridor économique Chine-Pakistan ont été discutés dans le cadre de l’Organisation de la Coopération de Shanghai. L’OCS représente 43% de la population mondiale. Développement physique et pensée longue pour les uns ; calcul financier et repli sur soi pour les autres. Nous ne faisons pas ici l’apologie d’un pays ou groupe de pays en particulier. Nous soulignons – à l’instar du rapport du cabinet américain McKinsey de 2018 « Dance of the lions and dragons » téléchargeable gratuitement, entreprise qu’on ne peut accuser d’être particulièrement pro-asiatique – que l’occident anglo-américain s’effondre sous le poids de ses propres dettes spéculatives, pendant que le Sud Global est en train de créer un nouveau paradigme basé sur l’économie physique et – surtout - de type westphalien.
Enfin nous tenons à souligner qu’il y a de nombreux sous-entendus délétères dans les questions dites « écologistes ». « Industrie », « économie », « pollution », « consommation », « production », « niveau de vie », « doux », « durable »… tous ces termes font davantage appel à l’imagination, aux hypothèses qu’au réel. Or, ils sont liés aux « activités humaines ». L’absence de définition préalable lors des débats permet trop souvent aux institutions et médias qui les organisent de simplifier à outrance les questionnements, empêchant la réflexion épistémologique, seule à même d’élever les discussions au-dessus du caricatural « pour ou contre ? ».
Toutes vos questions sont légitimes. Mais vous l’aurez compris, dans la culture d’argent rapide, de ressources absolument limitées et de parents qui pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux - culture sans laquelle le système bancaire et financier actuel n’aurait jamais pu exister - vos questions exigent des réponses qui forcent à respecter un cadre épistémologique imposé, cadre qui empêche le développement de la vie, des milieux naturels, d’une gestion saine de l’eau ou des pratiques durables. Je terminerai en disant que pour « favoriser la participation citoyenne aux choix locaux », encore faut-il des élus qui osent dire que, d’un point de vue financier et bancaire, marcher sur la tête n’a jamais été gage de santé mentale.
Au besoin, nous pouvons, Vincent Crousier et moi-même, préciser ces positions lors d'un échange en présentiel.
Excellente journée à vous.
Jean-François Grilhault des Fontaines et Vincent Crousier,
Candidat et suppléant à l'élection
législative partielle du
Tarn et Garonne - Circonscription 1,
des 5 et 12 Octobre 2025.


















